Les amalgames sur le harcèlement de rue : réponse d’un lecteur

Suite à mon article sur Les amalgames sur le harcèlement de rue, un homme, dont je garderai l’anonymat, m’a proposé de nous donner sa vision des choses sous forme d’un « billet d’humeur ».

Étant donné que je considère que les hommes sont autant concernés que les femmes sur le sujet, il me semblait juste et nécessaire de lui laisser la parole.

 

Bon, j’ai lu le dernier article de Cheesus, et pour le coup, je me sentais obligé de réagir par rapport à ce qu’il s’est passé pour ce mec sur ce groupe Facebook « Répondons !».

Je vais commencer par poser les choses : Je condamne fermement, et lutte contre toute forme de harcèlement envers les femmes qu’il soit physique ou moral, et toute forme de violence qu’il peut entrainer. J’ai déjà été témoin de paroles ou d’actes déplacés de la part d’amis, et j’essaye au maximum de faire en sorte que ça ne se produise/reproduise pas.

Mais entendons-nous bien, je ne suis pas uniquement contre les violences faites aux femmes, je suis également, en ma qualité de jeune homme, contre les violences faites aux hommes et ce au même titre. Je ne suis ni masculiniste, ni féministe, juste pour l’égalité des sexes dans notre société.

Capture_Répondons

Donc, quand je vois qu’un homme qui vient demander des conseils, juste un simple avis, sur un groupe Facebook et se fait prendre à parti GRATUITEMENT, juste au titre que c’est un homme et qu’il a tout simplement à abordé une fille qui lui plait dans la rue, j’appelle ça du sexisme. Pour rappel, être sexiste c’est adopter une « Attitude discriminatoire fondée sur le sexe. » (Larousse).

Combattre la violence par la violence ? Mauvaise idée. La connerie par la connerie ? Mauvaise idée.

Donc combattre le sexisme par le sexisme ? Sérieusement ?!

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Un des commentaires postés (ci-dessous) est bien assez con pour qu’on s’arrête deux minutes dessus. (Oui c’est un jugement de valeur, le pourquoi du comment arrive). Pour reprendre les propos de Cheesus, il ne faut pas confondre aborder et harceler.

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Arrêtez-moi si je me trompe, mais pour moi lorsqu’on croise une personne et ce peu importe l’endroit (boite, bar, rue, travail, salle d’attente du médecin … j’vais pas tous vous les faire), la première information qu’on a d’elle est son aspect physique et c’est notre perception personnelle qui nous donne envie, ou pas, d’essayer de connaitre un peu plus cette personne. C’est logique et naturel, quel que soit le sexe, tout simplement parce c’est la seule information qu’on ait de cette personne.

On est d’accord là-dessus ?

Bien.

Si on fait la démarche d’apprendre à connaitre cette personne, dans ce cas par logique encore une fois, nous obtenons plus d’informations sur elle et alors nous ne sommes plus intéressés par son physique uniquement, mais par tout ce qui peut retenir notre attention dans sa personnalité, son caractère, ses goûts etc. Mais cette découverte « intérieure » si je puis dire, n’arrive que dans un second temps !

Alors stop ! Arrêtons 5 minutes d’être hypocrites merde !! Oui il y a bien une personne derrière ce corps, avec sa complexité, ses qualités et ses défauts ! Mais non, ce n’est pas débile de demander un numéro, un Facebook, ou n’importe quel autre moyen d’échanger avec cette personne, au prétexte qu’on la trouve jolie !

Encore une fois je rejoins Cheesus, la seule différence se fait dans la manière. Il est évident qu’aborder une femme dans la rue en entamant la discussion par « Wesh t’es bonne ! » et en concluant par « Sale pute ! » n’est pas la bonne manière de faire, thx Cap’tain Obvious… Cependant le fond ne diffère pas d’un homme qui prendrait des pincettes et qui serait totalement respectueux. Seule la manière change, et le respect ou non apporté à celle-ci et c’est ça qui fait toute la différence.

Ces femmes, que je ne qualifierai pas de « féministes » puisqu’elles n’en sont pas à mon sens, sont aussi débiles qu’une bande de machos qui se montent la tête entre eux. Aucun des deux groupes ne fait avancer le débat, tout le monde reste sur ses positions, pointant du doigt l’autre camp.

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Cette ambiance de haine n’est profitable pour aucun des deux sexes, et lorsque ces « militant(e)s » auront compris qu’avant de stigmatiser et dénigrer, le mieux était de faire un pas vers l’autre, alors le débat pourra peut-être se déverrouiller.

Bien entendu je ne mets pas toutes les personnes qui se battent au nom des femmes et au nom des hommes dans le même panier que les personnes que j’ai cité juste au-dessus, mais cette minorité est celle qui est la plus visible. Et donner de la visibilité à des cons, c’est salir les idéaux de base et leur mouvement tout entier.

Pour finir, je vous conseille d’aller voir la BD du blog « J’aime ça », qui traite du sujet sous forme d’une BD Le harcèlement de rue. Je ne suis pas forcément d’accord avec tout ce qui y est dit mais le fond est bon à mon sens, et il présente avec cynisme tous ces aspects que j’ai pu énoncer.

C’est niais, mais soyez humanistes, relativisez les choses et respectez-vous les uns les autres. J’vous demande pas de tous vous aimer, mais au moins soyez respectueux de la personne que vous avez en face de vous, et elle sera plus enclin à vous témoigner du respect en retour. Rien n’est dû, tout se gagne.

Peace.

Un chibré

 

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2 réflexions sur “Les amalgames sur le harcèlement de rue : réponse d’un lecteur

  1. (trouvé par le tag ‘féminisme’ sur wordpress) Cher collègue, tu a essayé d’être logique, hyper logique. La seule manière de s’informer, prendre connaissance, etc., d’une personne dont on a pour seule information l’apparence physique, etc… Bref, tu as essayé d’être neutre, là. Oui, mais voilà. Au départ, il y a de la domination. Masculine. Il y a dans nos têtes une hiérarchie, qui fait passer les hommes en premier. Et les hommes sont priés d’assumer ce fait autant que les femmes : ils dominent, ils ont des privilèges, ils ont du loisir et elles du devoir, etc. Et dans ce jeu de rôle, ils sont aussi supposer prendre l’initiative, aborder la femme. Et elle est supposé répondre, mais pas trop, ou alors pas du tout mais oui mais non, etc. Dans le fameux film d’une fille à New York qui subit du harcèlement de rue, il est frappant de voir les hommes « au travail » d’abordage, souvent devant leurs collègues pour faire les malins (les mâles, hein); ou alors pour « faire leurs gammes » de macho et exiger leur droit d’avoir une réponse. Et de traiter l’objet de leur abordage de « sale conasse » car elle ne récompense pas leur initiative de domination. Leur initiative d’accoster avec un air de dominant sexuel. Bon, bref, dans ce contexte qui est la réalité donnée à laquelle aucun être humain n’échappe, il n’y a pas de logique, pas de neutralité. Et ton raisonnement n’est pas faux, mais il est irréel. Attention, une femme peut faire une démarche de connaissance de l’être humain dont elle a vu l’apparence, mais il n’y aura pas de soupçon de domination dans son geste. C’est très différent.
    On pourrait rajouter une couche avec la beauté et la séduction. La relation de domination ou d’hiérarchie a instauré la beauté comme un idéal de la personne inférieure pouvant être objet de désir et plaisir de la personne supérieure, l’homme. Entre nous, la beauté c’est très subjectif et cela devrait être ‘objectivement’ distribué inégalement chez les femmes et inégalement chez les hommes. Mais c’est d’abord un élément du jeu de la domination. La femme est censée être belle (oui, mais plus belle qu’elle n’est, elle doit maigrir et se maquiller et sourire et ne pas fixer les yeux etc ; car c’est un idéal et encore un effort, svp, en permanence ; idem chez l’homme pour l’idéal de virilité. Les magazines sont consacrés à imposer et célébrer ces idéaux). Donc ici aussi la neutralité, la logique et l’objectivité n’ont pas de place. Pour reprendre la « réaction stupide », oui, la personne humaine n’est pas vraiment visée dans l’abordage, mais c’est le jeu de la domination qui fait cela, malgré l’intention peut-être ‘innocente’, ‘neutre, de la demande. Plus je suis masculin (ou ‘viril’), plus je suis dans une attitude de force, de pouvoir, de lutte, de possession, et moins je suis dans une attitude de respect, d’écoute et de souci de l’autre.
    ENFIN, la timidité masculine est liée à cela : c’est un geste de domination qui leur est demandé dans l’abordage, et ce n’est pas qu’une prise de connaissance. (Bon, je suis content d’avoir écrit cela, car j’ai été très timide toute ma vie, et j’ai rarement pris l’attitude d’abordage et cela m’a certainement frustré — mais je n’ai pas vu comment sortir de ce piège, que je commence seulement à cerner). Il faut vraiment imaginer le renversement du patriarcat, et c’est loin d’être simple, pour espérer échapper à ce triste jeu. Il y a du travail !
    Chester.

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  2. Si je peux me permettre (et au risque de me faire huer par certain/es si je n’arrive pas à l’exprimer correctement), mais dans cette relation dominant / dominée (au féminin, puisqu’il ne s’agit que des femmes… Pourra-t-on un jour espérer élever le débat à la simple notion d’être humain ?), il y a par définition un dominant qui choisit de l’être et une dominée qui… (pardon) accepte de l’être. Inconsciemment, c’est sûr et certain, et j’insiste lourdement dessus ! (sauf pour dans le cas de relations SM, mais c’est un tout autre sujet)
    Je m’explique : je prends mon cas tout perso à moi, et mes quelques années passées sur le divan d’une psy, à cause (entre autres choses) de ce problème de domination. C’est con. Très con. Mais avec du travail (beauuuucoup de travail) (et pas mal d’aide), je me suis détachée de cette domination que certaines personnes pouvaient exercer sur moi. Une fois l’amorce lancée, j’ai pu commencer à élargir la chose, et à refuser la domination d’autrui en général.
    Alors oui, on vit dans une société où il y a énormément de choses à améliorer / à changer / à balayer (regardons les salaires, le prix du dentifrice rose et du dentifrice bleu pour les enfants, etc…), mais avant de changer une société, commençons par changer nous-même, notre façon de penser et d’être au quotidien.
    Aujourd’hui, même si parfois je serre encore les dents, je ne me sens plus humiliée, « harcelée », emmerdée, dominée… Je me sens moi. Et égale. (et donc prête à bouger des montagnes intelligemment)
    (Merci pour l’article, et belle conclusion ! 🙂 )

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